lundi 4 janvier 2010

A great artist passed away


Fresque de Ric Hochet à Bruxelles.

Chick Bill, Petit Caniche, Dog Bull et Kid Ordinn.


Samedi 3 janvier 2010 à Roquebrune - sur - Argens ( Var, France ).

En plein fou rire devant la télévision, Monsieur Gilbert Gascard alias Tibet est victime d'un malaise. Il ne se réveillera pas. Agé de 78 ans, il était le créateur de Chick Bill et Ric Hochet. Très grand dessinateur et immense caricaturiste, Tibet était un personnage gai, toujours souriant. Au lieu de vous faire un résumé de sa carrière, je vais plutôt vous raconter une petite anecdote à son sujet :

Durant ma dernière année à l'I.A.T.A. ( section Arts Appliqués ), je devais effectuer un stage de deux semaines chez un artiste. Etant donné que je me suis toujours destiné à faire de la B.D., je décidais d'entrer en contact avec un dessinateur. Par téléphone, j'ai discuté avec plusieurs dessinateur, dont le père de Cubitus, Dupa. Ce dernier, très sympathique, m'a expliqué qu'il ne pouvait accepter ma requête ( projet concernant l'anniversaire de Cubitus ). Essuyant des refus de la part des autres, je me suis tourné alors vers Tibet.

Malheureusement, je n'avais aucune possibilité de le contacter directement. Je téléphone aux Editions du Lombard à Bruxelles... plusieurs fois. A chaque fois, on me dit que l'on prendra contact avec Tibet, mais rien n'est venu. Je décide alors d'envoyer un fax. Voici la réponse que j'ai reçu :


Bruxelles, le 9 mars 1998


Monsieur,

Nous avons bien reçu votre fax concernant votre demande de stage chez Tibet.


Pour des raisons de discrétion, nous ne communiquons jamais des coordonnées de nos auteurs. Mais nous ferons bien volontiers suivre le courrier que vous nous enverrez à l'attention de Tibet, par courrier postal ou par fax ( 526.68.34 ).


Vous n'êtes sans doute pas sans savoir que Tibet est un auteur déjà très sollicité ( son travail sur ses séries : Ric Hochet et Chick Bill; les festivals de BD; les programmes de dédicaces; les interviews, etc. ). Il n'est pas du tout certain qu'il ait le temps ( dans les délais - très courts! - que vous mentionnez dans votre fax ) de vous rencontrez ou de s'occuper de vous au cours d'un stage.


Nous vous remercions toutefois de votre lettre et de l'intérêt que vous portez au monde de la BD et vous souhaitons encore de nombreux moments de détente et de plaisir avec ses héros.


Avec nos meilleures salutations,



Dominique Gervasoni

Assistante Editoriale



Au final, cela me cassait - littéralement - les couilles de téléphoner. J'ai pris ma farde avec tous mes dessins de l'époque, et je me suis rendu aux Editions du Lombard. Entrant dans l'immeuble, les deux demoiselles de la réception m'indiquent à quel étage je dois me rendre. J'arrive dans le bureau de Dominique Gervanosi... TRES surprise ( je veux, oui )!!! Elle me les brise en insistant sur le fait de téléphoner avant d'arriver. Je me dis : " A quoi cela aurait servi, connasse!!! " Je lui montre mes dessins. Elle les regarde avec attention, et me lâche qu'il vaudrait mieux que je vienne avec des planches de B.D.!!!!!!!!!!!! Je n'en avais pas et je lui explique que c'est pour cela que je suis venu : pour savoir comment créer une bande dessinée!!!!!!!!

Elle me répète, encore, la même excuse à la con. Finalement, elle prend mes dessins et quitte son bureau pour aller les montrer à un collègue. Après un court moment, elle revient et me remet mes dessins. Et elle me ressort le fait qu'il aurait mieux valu que j'amène des planches, blablabla... et que la prochaine fois, je passe un coup de fil!!!!!!!!!

Je suis rentré chez moi, fatigué ( le trajet en train n'arrangeant rien ).

En définitif, je suis allé faire un stage au Musée Africain de Namur, en restauration.

dimanche 3 janvier 2010

The examination at Dulag Luft

Lundi 30 novembre 2009.

Je dois, à nouveau, me dépêcher pour arriver à l'heure. 13h59, comme la dernière fois!!!! " Bobby ", comme à son habitude, m'attend déjà avec son éternel large sourire. Lors de notre dernière entrevue, je lui avais promis de venir avec des documents concernant les pilotes de la Jagdgeschwader 26 ayant abattus trois Spitfires du 350 " Belgian " Squadron ( 1 juin 1942 ). Ayant consulté le site " Ciel de gloire ", je suis tombé sur les noms de trois pilotes :
  • Josef " Pips " Priller ( 101 victoires )*
  • Johann Aistleitner ( 14 victoires )*
  • Karl Borris ( 43 victoires )*
" Bobby " fût très heureux de recevoir ces documents. Nous étions entrain de vérifier les données concernant la victoire obtenue par Josef Priller, le 1 juin 1942 ( jour où " Bobby " a été abattu ). Voici un passage de l'entretien concernant cette partie :

... C'était sa 73ème victoire.

Y a pas de déshonneur alors...

Non.

... moi qui en ai une.

Ensuite, nous passons en revue les données concernant les deux autres pilotes. Mais, nous revenons, automatiquement, sur le palmarès de Priller :

Et comme vous voyez, heu... quatre - vingt - quatre Britanniques, dix - sept Américains et c'est celui qui a abattu le plus de Spitfires de tous les pilotes allemands...

Oui...

... il en a abattu soixante - huit.

... C'est... moi, moi je... je ne sais pas, moi. J'ai tendance à douter. Com... comment est - ce que les Alliés, où il y avait quand même... les Allemands n'étaient pas d... tellement su... super pilotes par rapport aux Alliés. Quand on pense aux Anglais, aux Français, aux Belges, aux Américains... Ils devaient, quand même, avoir d'aussi bons pilotes de chasse que parmi les Allemands!...

Comparant les meilleurs scores ( du côté de la R.A.F. ) de l'Anglais J.E. " Johnnie " Johnson* et du Sud - Africain Marmaduke T.St.J. Pattle*, nous reparlons de certains évènements pour lesquels " Bobby " avait pu retrouver des dates.

Enfin, nous attaquons le vif du sujet et " Bobby " commence à me narrer l'épisode de son interrogatoire. Arrivé à Francfort en train, il est conduit au Dulag Luft ( Durchgangslager der Luftwaffe : Camp de transit - Armée de l'Air ). Il y avait un camp entouré de fils de fer barbelé. Ce camp de baraquements était occupé par des prisonniers ( aviateurs ) déjà interrogés, qui attendaient d'être envoyés dans l'un ou l'autre camp. Pour sa part, " Bobby " est conduit dans un bâtiment en pierre. Sa cellule : une toute petite lucarne placée très haut, un cadre en bois avec un très mince matelas, une petite table, deux chaises, un chauffage électrique ( croyait - il ) relié vers l'extérieur et un seau.

Dans le train ( la veille ), il avait reçu un peu de nourriture et à boire. Depuis, plus rien. Après un certain temps, la porte s'ouvre et un Hauptmann ( capitaine ), appartenant à l'Abwehr, entre. Ce dernier, très calme, s'adresse à " Bobby " en anglais. Etant donné qu'il n'est pas imprimé " Belge " sur son front ( et à cause de son Battle Dress de la R.A.F. ), il lui répond en anglais. S'installant à table, l'officier ouvre un registre et tend, à " Bobby ", un document ( en anglais ) frappé du logo de la Croix - Rouge. Connaissant les consignes en cas d'interrogatoire, il ne remplit que ces trois points :
  • Nom
  • Grade
  • Matricule
L'Allemand insiste sur le fait de remplir le reste de la feuille. " Bobby " refuse. Mais l'officier insiste encore et utilise comme prétextes, la Croix - Rouge et la famille de " Bobby ". N'obtenant aucune réponse positive, l'Allemand lui dit qu'il sait que " Bobby " n'est pas Britannique, mais Belge. Il ajoute, également, qu'il appartient au 350 " Belgian " Squadron qui vole sur Spitfire, et qu'il connaît l'indicatif de l'escadrille : Earmark. " Bobby " m'avoua qu'il lui a été difficile de garder un visage sans expression. Bien qu'il parlait anglais couramment, il avait gardé un très léger accent. Néanmoins, " Bobby " fût surpris que l'Allemand puisse affirmer qu'il était Belge. Mais " Bobby " répondait toujours par la négative.

Citant les noms de certains pilotes de l'escadrille ( renseignements exacts! ), l'officier reçoit toujours des réponses négatives. Il répète les même questions durant une heure ou deux, en restant toujours très calme. Finalement, n'obtenant aucune réponse, il décide de quitter la cellule. " Bobby " demande si il peut avoir à manger ou à boire. " Pas avant que vous n'ayez répondu à mes questions ", lui répondit l'Allemand. Ce manège se répètera une ou deux fois durant la même journée, avec un résultat identique.

La nuit, " Bobby " se réveille et commence à avoir très chaud. Il se rend compte que le chauffage est un conditionnement d'air. Retirant ses bottes de vol, son uniforme et le reste, il se retrouve en sous - vêtement. Il retourne s'endormir. Subitement, la température chute, et il est obligé de se rhabiller. Cela durera toute la nuit! Le lendemain matin, " Bobby " était, d'après ses dires, une vraie loque humaine. Pratiquement pas de sommeil et rien dans le ventre. La porte s'ouvre, le même Hauptmann entre et, toute la journée, recommence à poser les même questions. Vers la fin de la journée, l'officier dit ( je laisse parler " Bobby " ) :

" Bon... malgré que vous... que vous le niez fermement... vous êtes un bon soldat ", d'ailleurs il dit. " Vous... vous avez de la fermeté. Mais, nous savons très bien que vous êtes le Flying Officer Laumans, heu... appartenant à la 350ème qui se trouve être une escadrille composée de pilotes belges, etc... Mais, vous ne voulez pas le dire. Mais, comme nous en sommes persuadés, nous savons aussi que vous n'avez aucun secret militaire... à nous confier. Et donc, ça ne sert plus à rien que vous... que je continue l'interrogatoire. Et vous allez partir... heu... ce soir encore... heu... pour Stalag Luft III à Sagan, en Silésie. "

" Et là vous allez retrouver votre ami Louis Peeters ( grand ami de " Bobby " à l'escadrille, abattu le 23 mai 1942 )*. " Il dit ça, et la demi - seconde après... ça sort, moi j'étais comme je dis, une loque humaine - là... Pas mangé depuis quarante - huit heures, pas dormi depuis... pendant quarante - huit heures puisque c... cette sacré machine m'empêchait de dormir. Et, malgré mon... ma... ma volonté très ferme de ne rien divulguer, au moment où il dit : " Vous allez revoir Louis Peeters. "... à la demi - seconde où il dit ça, je dis : " He's alive! "

Et en le disant, je me dis : " Ferme ta gueule, mon vieux, tu viens de te trahir! ". Et alors, il ne dit rien, il commence à sourire. Il n'avait... depuis quarante - huit heures, il n'avait jamais sourit. Il commence à tapoter ( des doigts de la main droite ). Il dit : " Mister Laumans, you just betrayed yourself. "
Après avoir confirmé à " Bobby " que, tout ce qu'il avait refusé de dire s'avérait être, en réalité ,exact... l'officier lui annonce que son départ pour Sagan se déroulera dans une heure. Juste après que le Hauptmann soit sorti, un sous - officier et deux sentinelles de la Luftwaffe entrent aussitôt dans la cellule. Ces derniers le conduisent vers un gros camion militaire, dans lequel se trouvent des prisonniers appartenant à la R.A.F., qui venait du camp de baraquements. Conduits à la gare, les prisonniers sont installés dans des wagons de voyageurs. Les fenêtres étaient bloquées, et chaque compartiment était rempli de sentinelles. Le voyage a, sûrement, duré deux jours. Et c'est dans le train, que " Bobby " a reçu à manger.


Ici s'achève le chapitre consacré à l'interrogatoire. La prochaine publication sera, uniquement, consacrée au Stalag Luft III et à la " Grande Evasion ".

* www.cieldegloire.com/001_priller_j.php
* www.cieldegloire.com/001_aistleitner_j.php
* www.cieldegloire.com/001_borris_k.php
* www.cieldegloire.com/002_raf_johnson_j_e.php
* www.cieldegloire.com/017_pattle_m_t_st_j.php
* www.cieldegloire.com/006_peeters_l.php

samedi 26 décembre 2009

Second interview with Robert " Bobby " Laumans

Obus de 20mm ( vide ) utilisé comme munition pour
les canons Hispano armant le Spitfire Mk IIB
.

Le H.M.S. Hood ( coulé par le Bismarck en 1941 ),
dessiné par " Bobby " lorsqu'il avait 11 ans
( superbe, n'est - ce pas? )
.



" Bobby " me présente un dessin qu'il avait réalisé,
d'après l'affiche d'un film sur Pancho Villa
( durant les années trente )
.

Dessin, réalisé par " Bobby ", de la machine à pomper l'air.



Mardi 24 novembre 2009.

Le temps était exécrable, et je me dépêchais d'arriver à l'heure ( 14h ) à ce nouveau rendez - vous. 13h59... ouf!!! " Bobby " m'attend déjà, toujours avec le sourire. Avant de débuter notre entretien, je lui remets un copie de documents le concernant, trouvés sur le site " Ciel de gloire "*. Après en avoir discuté, nous attaquons, enfin, avec les questions du questionnaire que j'avais préparé. Voici deux passages :

Dites - moi, en 1939, quel était votre sentiment vis - à - vis de Hitler et de l'Allemagne?

Vis - à - vis de l'Allemagne?

Et de Hitler aussi.

Ben... comme tous mes copains d'ailleurs. On se doutait bien que malgré la neutralité belge, nous étions tous persuadé que Hitler allait attaquer, un jour ou l'autre. Quand? On ne sait pas. Mais, pendant toute la période ou j'étais à Wevelghem là... et donc, à l'entraînement... sur avion, heu... nous avons eu plusieurs alertes. Ce qui veut dire que l'Etat - major bloquait, tout le monde était bloqué à la caserne. Et les alertes duraient de vingt - quatre heures à, je me souviens vaguement, maximum trois jours. Et puis, l'alerte était passé et tout redevenait normal...
Oui donc, on estimait tous que c'était un salopard. Un gars qui était pire que Mussolini... On savait tous que c'était un dictateur et comme je dis... on était, la plupart d'entre nous, les neuf dixièmes sûrement, étions persuadé que, heu... il allait rompre la neutralité de la Belgique, un jour ou l'autre... c'était sûr et certain...

Etiez - vous superstitieux?

Non, pas du tout... pas le moins. Il ne faut pas être superstitieux pour être pilote.

Durant l'entretien, " Bobby " me montra des dessins, peintures et aquarelles réalisés par lui - même ( voir photos ). Après avoir répondu aux questions concernant la période précédent son arrivée au Stalag Luft III, il aborde le sujet de la " Marche de la mort " ( vers l'ouest ). En vérité, il y a eu deux marches : celle de l'hiver 44 - 45 et celle au printemps. Le bruit de l'artillerie russe se faisait entendre. Les prisonniers se posaient les questions suivantes :
  • Que va - t - il advenir de nous?
  • Que vont faire les Allemands?
  • Vont - ils nous exterminer ( les prisonniers connaissaient l'existence des camps de concentration )
  • Vont - ils partir et laisser les Russes nous libérer?
  • Vont - ils nous évacuer vers l'ouest?
Finalement, et " heureusement " dira " Bobby ", ils optèrent pour la dernière solution. Un jour, durant la soirée, les prisonniers furent prévenus, par les Allemands, que le camps allait être évacué. Pour cette marche, les Allemands ont remis, à chaque prisonnier, un colis de la Croix - Rouge. Chose étonnante! Auparavant, six prisonniers devaient se partager un seul colis durant un semaine! En plus de leurs uniformes, les prisonniers revêtirent plusieurs couches de vêtements, et durent transporter le plus de nourriture possible ( sachant, par les Allemands, qu'ils n'auraient rien d'autre ), sur eux et sur des traîneaux fabriqués par leurs soins.

Après que le camp des Américains eut été évacué ( avec du retard ), celui des Britanniques et leurs alliés pu enfin l'être! Par un froid glacial ( - 20° ), la longue colonne devait avancé dans 60 centimètres de neige, sur des petits chemins de campagne. Les prisonniers marchèrent toute la nuit et le lendemain. A l'arrière, il y avait deux charrettes, tirées par des chevaux, qui transportaient les prisonniers malades ou ne pouvant plus marcher. Aucun prisonnier, dans l'incapacité d'avancer, n'a été exécuté par les gardes allemands. D'après " Bobby ", très peu ( trois ou quatre ) de prisonniers sont morts, de fatigue ou d'inanition.

Un détail vaut la peine d'être souligné : les gardes allemands étaient des hommes âgés, ne pouvant être affectés sur aucun front. Quand aux officiers, ils se déplaçaient en voiture, à l'avant de la colonne. Les prisonniers avaient vraiment pitié de ces pauvres types, qui n'avaient pas droit aux colis de la Croix - Rouge ( puisque l'armée allemande pourvoyait à leurs besoins, soi - disant ). " Bobby " sera témoin d'une scène singulière, où certains prisonniers portaient les fusils de certains gardes!!! Cette marche a durée une grosse dizaine de jours ( plus ou moins deux - cent kilomètres ).

Ensuite, les prisonniers furent embarqués dans un train ( un convoi de wagons à bestiaux ) et envoyés dans un vieux camp où étaient internés, auparavant, des marins de la Royal Navy. Au printemps, les Allemands les évacuèrent vers la frontière germano - danoise. Cependant, le S.B.O. ( Senior British Officer ), le Group Captain ( colonel dans la R.A.F. ) Massey dicta ses conditions aux Allemands. Les prisonniers décideraient de la distance à parcourir chaque jour ( cinq kilomètres maximum ). Les Allemands acceptèrent... sans la moindre opposition!!! Selon " Bobby ", cette marche fût une véritable balade de santé.

Le 5 mai, les prisonniers se trouvaient sur les terres d'une ferme, au sud de Lübeck ( mise en quarantaine pour cause d'épidémie ). Un prisonnier britannique se promenait à vélo, et tombe sur une Scout Car de l'armée britannique, en reconnaissance armée. L'officier commandant le blindé est conduit jusqu'au S.B.O. Ce dernier, entrant en contact avec Londres, demande que tous les prisonniers soient évacués en avion. Amené à Celle par camion, " Bobby " se retrouve dans un bombardier Avro Lancaster, entassé parmi d'autres prisonniers. L'appareil atterrit à Dunsfold, dans le comté du Surrey ( Angleterre ).

Cet entretien a duré trois heures et vingt - quatre minutes. Nous fûmes obligés de reprendre rendez - vous, pour mon plus grand plaisir! Cette fois, il pourra me parler de son interrogatoire, du Stalag Luft III et de la " Grande Evasion "!!!!

* www.cieldegloire.com/006_laumans.php


P.S. : Il y a trois erreurs sur ce lien. Primo : " Bobby " avait été nommé Flying Officer, au mois de mai 1942. Secundo : il a passé trois jours et deux nuits dans son dinghy, et non pas l'inverse. Et enfin, tertio : il y a deux palmes sur sa Croix de Guerre.

mercredi 23 décembre 2009

A survivor of the Stalag Luft III... Robert " Bobby " Laumans

Robert Laumans à l'École de pilotage de Wevelgem, dans la neige.
( collection bibliothèque de la Section Air & Espace )

Robert " Bobby " Laumans en uniforme de Flight Lieutenant
( capitaine dans la R.A.F. ), juste après la guerre.
( collection Robert " Bobby " Laumans
)


Vendredi 20 novembre 2009.

C'était un jeudi, en fin de matinée ( le 19 ). En relevant le courrier, je tombe sur une enveloppe qui m'est adressé. Je me doutais de l'identité de l'envoyeur, et elle me fut confirmée quand j'ai lu la lettre. Voici le contenu :


17.nov.2009

Cher Monsieur,


J'ai bien reçu votre lettre. Vous avez raison je suis fort sourd, comme tous les vieux aviateurs et j'ai difficile à comprendre les messages téléphoniques.


D'habitude je ne donne pas d'interview mais vous insistez tellement, que je ferai une exception. Je peux vous recevoir chez moi, durant 1,30 h ( maximum 2 heures ) à 14 heures, soit le 19 novembre, soit le 20 soit lundi 23 n. Téléphonez - moi ( je comprendrai au moins cela ) pour dire quel est votre choix de rendez - vous.


Bien à vous

Signature illisible de Robert Laumans


Je ne me suis pas fait prier et lui téléphone aussitôt. Nous nous mettons d'accord pour nous rencontrer à son domicile, le lendemain, à 14 h.

Ne voulant pas être en retard, j'arrive à 13h50. Monsieur Robert " Bobby " Laumans m'attend avec la porte ouverte. Il m'accueille avec un grand sourire et, de mon côté, je suis ravi de pouvoir enfin le rencontrer ( il est agé de 88 ans et toujours aussi bien portant ). Robert Laumans est né le 4 décembre 1920 dans une famille modeste, et à vécu avec ses parents et ses deux soeurs à Etterbeek ( Bruxelles ). Ayant toujours voulu être militaire, il présente l'examen en 1937 ( alors que la majorité était à 21 ans ). Pour plus de facilité ( géographique ), " Bobby " entre dans la cavalerie, au 2ème Lanciers. Au contact d'aviateurs, il décide d'entrer au sein de l'Aéronautique Militaire belge, en 1939.

Lors de l'invasion allemande du 10 mai 1940, il est élève - pilote au sein de l'École de pilotage de Wevelgem. Le 13 mai, l'État - Major décide de transférer l'école en France. Durant ce premier entretien ( il y en aura trois ), " Bobby " parlera presque sans s'arrêter. Il me racontera son évasion du Maroc à bord d'un petit cargo à vapeur, commandé par un Canadien. Passant par Gibraltar ( sans quitter le navire ), " Bobby " et les autres " déserteurs " atteindrons le territoire britannique, le 5 août, à Cardiff ( pays de Galles ).

En passant par la création de l'École franco - belge à Odiham, il me racontera son combat du 23 mai 1942, où il a fortement endommagé ( ou probablement abattu ) un Focke - Wulf Fw 190. Ensuite, " Bobby " m'expliquera son combat du 1er juin 1942, où il fut abattu ( probablement par l'As Josef " Pips " Priller ).

Il y a tant de choses à dire, mais j'en aurais pour des jours à tout vous raconter!!!!!!!!!!

Il va falloir attendre la suite!

samedi 12 décembre 2009

Interview with André Kicq - Part 2

Le Sergeant André Kicq assis dans le cockpit de son Spitfire XIV
( 350 " Belgian " Squadron )
.


Lundi 23 novembre 2009.

C'était un temps à ne pas mettre... quoi que se soit dehors. Un vent continu, de fortes averses par intermittence... Mais, j'avais un rendez - vous et rien n'y personne n'aurait pu m'empêcher de m'y rendre!!! Cette fois - ci, je suis arrivé avec quarante - cinq minutes d'avance. Afin de ne pas déranger Monsieur Kicq dans son emploi du temps, j'ai décidé ( malgré le temps exécrable ) d'aller me promener.

Peu avant 15h30, je sonne à la porte et Monsieur Kicq vient m'ouvrir. Nous nous rendons dans la même pièce de notre précédente entrevue. Seule différence, il s'est installé sur le divan et moi, sur le fauteuil. Affichant toujours son petit sourire, il me semble plus détendu et répond à mes questions, le plus simplement du monde ( de manière directe et sans fioritures ).

Voici quelques passages de ce deuxième entretien :

Quand vous arrivez en escadrille, comment arriviez - vous à trouver vos marques parmi les autres pilotes?

En premier lieu : quand on arrive en escadrille, on croit qu'on est arrivé. Puis, on se rend compte qu'on est pas arrivé... Le temps qu'on s'incorpore, le temps que les autres vous accepte... comme étant leur frère. Au début, vous êtes un bleu... Donc, vous commencez par faire les corvées, c'est - à - dire, essayer les canons, faire un peu tout ce qu'on fait faire à un bleu. Tant que vous n'avez pas été en opérations, vous n'êtes pas l'équivalent des autres pilotes...

" Mike " Donnet* était le Squadron Leader lors de votre arrivée. Que pensiez - vous de lui en tant que commandant?

Ce que je pensais de Donnet? Vous savez, c'était le commandant d'escadrille. En fait, on ne le voyait pas beaucoup. Il était dans son bureau... on dépendait des deux Flight Commanders. Ce que je pense de lui... c'est que, il était un bon commandant d'escadrille parce que, il faisait un effort pour maintenir un esprit de corps. J'en ai un bon souvenir. J'en ai même un très bon souvenir. Il était dynamique, il était jovial. C'était un bon leader...

Pourriez - vous me décrire votre premier combat aérien?

Oh... mon premier combat aérien. On volait au - dessus de l'Allemagne. On était à Celle, à ce moment - là. On était à Celle. Heu... un moment donné, un 109, un avion allemand a attaqué Gigot. Seulement, il l'a évité. Je l'ai vu, et je suis descendu... j'ai véritablement... j'ai fondu sur lui. Je l'ai rattrapé et je l'ai descendu. Il a eu à peine le temps de me voir...

Nous avons passés une agréable fin d'après - midi. Juste avant de prendre congé de lui, à ma demande, il m'a promis qu'il m'enverra sa fameuse photo ( via Internet ) , afin que puisse réaliser son portrait.


* Premier ancien pilote de la R.A.F. avec qui j'ai eu un double entretien.

jeudi 3 décembre 2009

Through the mist







Samedi 28 novembre 2009, à Croke Park ( Dublin, Irelande ).

Coup d'envoi du troisième et dernier match des Springboks dans l'hémisphère Nord. A Croke Park, dans l'entre de sport gaélique, l'Afrique du Sud va devoir montrer son vrai visage. Voici le déroulement du match :

1ère période :
  • 9ème minute : pénalité de Sexton ( 3 - 0 )
  • 16ème minute : essai de Burger, transformé par Morné Steyn ( 3 - 7 )
  • 24ème minute : drop goal de Morné Steyn ( 3 - 10 )
  • 29ème minute : pénalité de Sexton ( 6 - 10 )
2ème période :
  • 48ème minute : pénalité de Sexton ( 9 - 10 )
  • 51ème minute : pénalité de Sexton ( 12 - 10 )
  • 66ème minute : pénalité de Sexton ( 15 - 10 )

Fin du match!

Irlande 15 - 10 Afrique du Sud

Pffffffffffffffffffffffffffffffffffff!!!!!!!!!!!!!! Les " Boys " furent bien pâles durant le match. Comment des buteurs comme Morné Steyn et Ruan Pienaar ont pu manquer quatre pénalités et un drop goal?!!!!!!!!! Et que dire des touches. Nous étions " coiffés " par les Irlandais. Notre bilan, pour cette tournée européenne, est vraiment misérable :
  • Une victoire : Italie ( 10 - 32 )
  • Quatre défaites : Club anglais de Leicester ( 22 - 17 ) - France ( 20 - 13 ) - Club anglais des Saracens ( 24 - 23 ) - Irlande ( 15 - 10 )
Notre seule consolation, c'est de ne pas avoir encaissé le moindre essai face à l'Irlande.

It's never too late!!!






Samedi 21 novembre 2009, au Stadio Friuli ( Udine, Italie ).

Coup d'envoi du deuxième match des Springboks dans l'hémisphère Nord. L'Afrique du Sud vient ( normalement ) se promener en Italie. Voici le déroulement du match :

1ère période :
  • 5ème minute : essai de Habana, non transformé ( 0 - 5 )
  • 13ème minute : essai de Fourie, transformé par Morné Steyn ( 0 - 12 )
  • 32ème minute : essai de Garcia, transformé par Gower ( 7 - 12 )
2ème période :
  • 46ème minute : pénalité de Morné Steyn ( 7 - 15 )
  • 50ème minute : essai de du Preez, transformé par Morné Steyn ( 7 - 22 )
  • 59ème minute : pénalité de Gower ( 10 - 22 )
  • 64ème minute : pénalité de Morné Steyn ( 10 - 25 )
  • 72ème minute : essai de Olivier, transformé par Pienaar ( 10 - 32 )

Fin du match!

Italie 10 - 32 Afrique du Sud